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L'histoire de la marquise de Sablé

SABLE Madeleine, née de Souvré, marquise de.

Femme de lettres française (1599 – 1678). Fille d’un  maréchal de France gouverneur de Tourraine, elle vint à Paris en 1610.

Belle, intelligente, elle devint fille d’honneur de Marie de Médicis et épousa en 1614 Philippe de Laval, marquis de Sablé, dont elle eut quatre enfants.
Habituée du Louvre et de l’Hôtel de la marquise de Rambouillet, elle y eut une aventure avec le duc de Montmorency vers 1630. Veuve dix ans plus tard, elle hérita d’une fortune amoindrie, dut se séparer du château de Sablé et de son hôtel du faubourg Saint-Honoré.

Elle s’installa place Royale avec la comtesse de Maure et ouvrit son salon. Les mailleurs esprits de du temps étaient ses familiers. Avant La Rochefoucauld, elle donna ses lettres de noblesse à un nouveau genre littéraire qu’elle fonda, celui des maximes et pensées.

Elle fréquenta Madeleine de Scudéry, qui fit son portrait dans Le Grand Cyrus sous le nom de Parthénie, ainsi que la duchesse de Montpensier, mais ne participa pas à la Fronde. Elle travailla même au rapprochement des partis et contribua au mariage du prince de Conti avec une nièce de Mazarin , une Martonozzi, en 1654.

Convertie au jansénisme dès 1655, elle se fit bâtir dans l’enceinte de Port-Royal, au faubourg Saint-Jacques, une maison où elle se retira.
Pendant vingt ans, elle y reçut ses amis, le duchesse de Longueville, Pascal et sa sœur Gilberte Périer, Mme de La Fayette, la princesse Palatine.

Elle à laissé des Instructions pour enfants, un traité sur L’amitié, une correspondance abondante et des maximes. Elle fut l’inspiratrice de Pascal qui lui doit certaines de ses Pensées, et son nom reste inséparable de celui de La Rochefoucauld.

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La Marquise a dit (entre autre)...

  • C'est défaut bien commun de n'être jamais content de sa fortune, ni mécontent de son esprit.
  • Il ne faut pas regarder quel bien nous fait un ami, mais seulement le désir qu'il a de nous en faire.
  • L'amour a un caractère si particulier qu'on ne peut le cacher où il est, ni le feindre où il n'est pas.
  • On aime tellement toutes les choses nouvelles et les choses extraordinaires qu'on a même quelque plaisir secret par la vue des plus tristes et des plus terribles événements, à cause de leur nouveauté et de la malignité naturelle qui est en nous.
  • La société et même l'amitié de la plupart des hommes n'est qu'un commerce qui ne dure autant que le besoin.
  • Savoir bien découvrir l'intérieur d'autrui et cacher le sien est une grande marque de supériorité d'esprit.
  • On loue quelquefois les choses passées pour blâmer les présentes, et pour mépriser ce qui est, on estime ce qui n'est plus.
  • C'est une chose bien vaine et bien inutile de faire l'examen de tout ce qui se passe dans le monde si cela ne sert à se redresser soi-même.
  • La plus grande sagesse de l'homme consiste à connaitre ses folies.
  • Si l'on avait autant de soin d'être ce qu'on doit être que de tromper les autres en déguisant ce que l'on est, on pourrait se montrer tel qu'on est, sans avoir la peine de se déguiser.
  • Il y a de la bassesse à tirer avantage de sa qualité et de sa grandeur pour se moquer de ceux qui nous sont soumis.
  • La petitesse de l'esprit, l'ignorance et la présemption font l'opiniâtreté, parce que les opiniâtres ne veulent croire que ce qu'ils conçoivent et qu'ils ne conçoivent que fort peu de chose.
  • La honte qu'on a de se voir louer sans fondement donne souvent sujet de faire des choses qu'on n'aurait jamais faites sans cela.
  • C'est une force d'esprit d'avouer sincèrement nos défauts et nos perfections, c'est une faiblesse de ne pas demeurer d'accord du bien et du mal qui est en nous.
  • C'est une oocupation bien pénible aux fourbes d'avoir toujours à couvrir le défaut de leur sincérité et à repérer le manquement de leur parole.
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  Lettre de La Rochefoucauld à Mme la Marquise de Sablé (fin 1661 ou début de 1662 ; lettre 10).

Lettre de La Rochefoucauld à la Marquise de Sablé